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Communication : 12 critères clés chargés de sens au plus haut degré possible

  

SOMMAIRE

Introduction. Toute méthode de communication devrait être fondée sur la nature humaine

I – La rhétorique et ses trois langages

II – Filiation intelligence / Logique / Rhétorique

III – Application de la rhétorique : les 4 critères d’orientation et d’évaluation de la parole

Conclusion. Une chaine à toute épreuve, de l’intelligence aux 4 critères de la parole

Introduction. Toute méthode de communication devrait être fondée sur la nature humaine

On conçoit que pour être pleinement efficace, toute méthode de communication devrait être nécessairement fondée sur la nature humaine. Sinon, on risquerait de tomber dans les habitudes intellectuelles, dans les a priori, dans les idées toutes faites ou pire dans les idéologies, voir dans les utopies.

En l’état actuel de mes recherches, une telle méthode devrait comporter trois bases principales : la filiation par rapport à l’intelligence, l’utilisation de la rhétorique, rare méthode de communication réellement opérationnelle et le recours à des critères d’orientation et d’évaluation de la parole. Leur point commun est de reposer sur la nature humaine.

Ces trois bases reposent elles-mêmes sur 12 critères clés dont la puissance intellectuelle est telle que j’ai utilisé pour les qualifier l’excellente expression de l’écrivain américain Ezra Pound « chargés de sens au plus haut degré possible ».   

Ou, formulé différemment par de grands esprits :

Les vrais grands écrivains sont ceux dont  la pensée occupe tous les recoins du style (Victor Hugo – Tas de pierres)

Les mots justes trouvés au bon moment sont de l’action (Hannah Arendt)

Il y a interaction entre langage et pensée. Un langage organisé agit sur l’organisation de la pensée et une pensée organisée agit sur l’organisation du langage (Ahmad Amin – Fayad al Khatir)

J’examinerai successivement dans cet article chacune de ces trois bases, en commençant par la rhétorique.

I – LA RHETORIQUE ET SES TROIS LANGAGES

La rhétorique peut être définie comme l’« expression optimale de la pensée par le langage ».

La rhétorique tire sa perpétuelle jeunesse et sa grande efficacité de ce qu’elle repose sur nos trois principaux modes de perception de la réalité : la raison, les valeurs et les affects, lesquels sont éternels et universels.

À ces trois modes de perception correspondent les trois langages que sont la logique, l’éthique et la psychologie. La logique s’adresse à la raison, l’éthique aux valeurs, la psychologie aux affects. (V. Triangle)

La rhétorique forme donc déjà, dans son état actuel, un ensemble très cohérent et à ma connaissance, sans équivalent. Elle occupe, en quelque sorte, une situation de monopole en matière de méthode de communication.

II – FILIATION INTELLIGENCE / LOGIQUE / RHÉTORIQUE

La logique est considérée par de nombreux spécialistes comme la science des sciences, qu’il s’agisse des sciences dites exactes ou des sciences humaines.

Selon les derniers travaux de l’un des meilleurs spécialistes en la matière, Victor Thibaudeau, (ci-contre) , la logique est elle-même fondée d’une part sur les trois opérations de l’intelligence : la définition, l’énonciation et l’argumentation et, d’autre part, sur les deux méthodes que sont l’analyse et la synthèse.

Ces trois opérations et ces deux méthodes sont, elles-mêmes, très étroitement intégrées dans la rhétorique. Nous verrons, par exemple, dans un prochain article, que la définition et l’argumentation sont des concepts clés de la rhétorique, de même que les méthodes de l’analyse et de la synthèse.

Il y a donc parfaite filiation entre les cinq critères de l’intelligence, la logique, et la rhétorique.

III – APPLICATION DE LA RHÉTORIQUE : LES 4 CRITÈRES D’ORIENTATION & D’ÉVALUATION DE LA PAROLE

Si les trois langages de la rhétorique ont été parfaitement définis par les philosophes grecs, il n’en est pas de même de leur application. Voici ce qu’en dit Christian Plantin, chercheur au CNRS et spécialiste de la rhétorique :

On nous assure bien de la fertilité pédagogique de la rhétorique, mais pour les questions pratiques le lecteur est renvoyé à sa propre initiative.

Fort heureusement on dispose grâce aux grands auteurs de toutes époques, notamment contemporaine, d’une mine d’information sur ce que ces orfèvres en la matière considèrent comme les principales qualités de toute communication.

J’ai réuni dans ce blog les avis de ces auteurs, sous la forme de citations, dans le « Florilège thématique des meilleures citations sur la communication ». Celui-ci comprend 17 thèmes et 170 citations.

De ce florilège se dégagent quatre critères principaux, qui réunissent le plus grand nombre de citations : aller à l’essentiel, parler-vrai, être clair, bien utiliser la langue. Ces quatre thèmes reviennent régulièrement au fil des siècles, avec des appellations qui peuvent varier.

Par souci de concision je les ai résumés en quatre critères qualifiant la parole : juste, vraie, claire et belle.

On sera peut-être surpris, comme je le fus moi-même, par ce faible nombre de critères par rapport à l’immense sujet qu’est la communication. On le sera moins lorsqu’on constatera que ces quatre critères s’insèrent d’eux-mêmes, sans avoir aucunement à forcer, dans les trois langages de la rhétorique. Une parole juste et une parole claire font partie de la logique, une parole vraie de l’éthique, une parole belle de la psychologie.

Tout se passe donc comme si les pensées des grands auteurs sur les qualités de la communication se concentraient d’elles-mêmes, de manière spontanée et logique, autour des trois modes de perception de la réalité identifiés par les philosophes.

On constate par ailleurs que vérité et clarté sont déjà des critères qui avaient déjà été identifiés par Aristote lui-même. Ils ont été ensuite repris, y compris à l’époque contemporaine, par de multiples auteurs.

Enfin, Aristote, (ci-contre), disait qu’en définitive, la communication est une question de bon sens, ce qui est peut-être le meilleur des critères. Une parole juste, vraie, claire et belle, n’est-elle pas de bon sens ? De même que les trois langages de la rhétorique ?

Cela dit, même si ces quatre critères de la parole sont de précieux fils directeurs en ce qui concerne l’orientation et l’évaluation d’un discours, on n’est pas au bout de ses peines.

Interviennent ensuite les sous-critères, qui sont parfois nombreux. Par exemple, qu’est-ce qu’une parole claire ? Fond et forme sont nécessaires pour y parvenir. Mais ceci est une autre histoire.

Conclusion. Une chaîne à toute épreuve, de l’intelligence aux 4 critères de la parole

Pour suivre le conseil ironique de George Bernard Shaw : « Je me cite souvent. Cela apporte du piment à ma conversation » je résumerai, en me citant, ce qui se veut être une ébauche rapide des trois bases de la communication :

« Dès que dans notre communication, faute de réflexion, nous nous écartons des trois critères fondamentaux de la parole, aller à l’essentiel, parler vrai, être clair, l’intérêt de notre interlocuteur chute verticalement. A fortiori si nous violons aussi le quatrième critère : bien utiliser la langue ».

Ces quatre critères allient le bon sens cher à Aristote et la clairvoyance d’Ezra Pound dans la mesure où ils sont, comme les huit autres, « chargés de sens au plus haut degré possible ».

Cette dernière caractéristique découle sans doute du fait qu’ils constituent le quatrième et dernier maillon d’une chaîne à toute épreuve dont le premier est l’intelligence, le second la logique, science des sciences, et le troisième la rhétorique, discipline elle-même très nourrie de logique.

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